Conférence sur les changements climatiques


Rapport sur la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques

L’objet de cet article est de sensibiliser les Socialistes français aux problèmes environnementaux dont la recherche de solutions n’est pas un luxe mais un impératif. Sans action, nous allons droit dans le mur. Le cadre d’analyse économique sur lequel nous bâtissons nos projets est faussé, car la facture « ressources naturelles » est sous-évaluée. Les Socialistes ont intégré dans les diverses motions présentées pour le Congrès du Mans la notion de développement durable. Mais nous avons parfois l’impression que le développement durable est à la mode dans les textes, mais ne se manifeste pas assez rapidement en actes.

C’est dans ce contexte que la section de Montréal a tenté, à l’occasion de la conférence ayant lieu dans cette ville, de rappeler les bases du protocole de Kyoto et d’énoncer les principaux enjeux de la conférence. Au terme de la conférence des décisions ont été prises et nous les décrirons. Nous insisterons sur l’urgence de la situation, ce que de nombreuses associations écologiques nous ont fait comprendre. Nous finirons de façon anecdotique sur l’historique de la prise de conscience du réchauffement climatique.

Kyoto en deux lignes, c’est quoi ?

Réduire globalement les émissions de gaz à effet de serre de 5,2% par rapport au niveau de 1990.
Les gaz concernés : le gaz carbonique, le méthane, le protoxyde d’azote, les hydrofluorocarbures, les perfluorocarbones et hexofluorure.

Le Canada s’était engagé à réduire ses émissions de 6%. L’Union Européenne s’était fixée l’objectif de 8%.

La conférence de Montréal sur les changements climatiques : qu’est-ce que c’est ?

  • Quand ?
    Du 28 novembre au 9 décembre
  • Qui ?
    189 pays dont la France
  • Qui a des engagements pour Kyoto ?
    34 pays ont des engagements
  • Quel risque ?
    Sans changement de comportement, +2°C en 2060 !
  • Objectifs de la conférence ?
    Préparer l’après-Kyoto et l’organisation d’un marché au carbone permettant de vendre les « surplus » en carbone.

Depuis le 28 novembre et jusqu’au 9 décembre, 10 000 représentants de 189 pays se sont réunis à Montréal à l’occasion de la conférence de l’ONU sur les changements climatiques. Cette réunion est la onzième du genre et fait suite à la ratification du protocole de Kyoto en février dernier qui réclame aux pays signataires de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% par rapport à leurs niveaux de 1990.

Aujourd’hui 141 pays dont la France ont ratifié l’accord mais 107, en développement, ne sont pas obligés de tenir leurs engagements et devront recevoir une aide technique des pays riches. C’est le cas de pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil.

L’un des principaux objectifs de cette conférence est de dresser un bilan de Kyoto. Si certains pays comme la Grande Bretagne, l’Allemagne ou la France ont presque atteint leurs objectifs, d’autres en sont encore très loin et c’est le cas du Canada qui est le pays le plus éloigné avec un écart de plus de 30% de son engagement.

De plus, les participants commencent déjà à réfléchir à l’après-Kyoto pour éviter l’augmentation de 2°C d’ici 2060 sur les températures moyennes annuelles.

L’une des principales attentes de cette grande rencontre est la mise en place d’une « bourse au carbone » qui permettra aux pays qui ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs d’acheter des crédits aux pays qui les dépassent. Le principe est donc d’utiliser la régulation automatique du marché.

En marge de ces événements officiels, de nombreuses associations organisent à Montréal des activités dans le but de sensibiliser l’opinion publique sur ce problème. À l’Université du Québec à Montréal (UQAM), des associations ont organisé un « Rendez-vous citoyen » le week-end du 26 novembre qui proposait gratuitement des conférences sur le sujet des changements climatiques. Enfin, les ONG en environnement ont appelé aujourd’hui à une grande marche mondiale pour le climat.

Quelles sont les décisions prises lors de la conférence ?

Échec ou pas ? Cette question restera certainement à la suite de cette conférence. Certains attendaient un acte fort de la part des États-Unis, d’autres un engagement des pays émergents.

Les deux seuls retours de ces discussions ne seront malheureusement que l’accord la prolongation, légitime, du protocole de Kyoto après 2012 mais surtout pour « l’ouverture de nouvelles discussions, sans objectifs contraignants, sur l’avenir de la lutte contre le réchauffement planétaire », auxquelles participeront les États-Unis.

Ces discussions parallèles auront lieu dans le cadre des conventions de l’ONU sur les changements climatiques qui avaient alors été signées par les États-Unis.

Même si ce dernier accord n’engage uniquement les pays qu’à poursuivre leurs discussions, espérons tout de même que la conférence de Montréal aura été aussi l’occasion de sensibiliser l’opinion publique à cette question.

Des informations alarmantes

Certains des militants de la section de Montréal ont assisté à une conférence à l’UQAM. Nous vous communiquons les principaux points énoncés dans la conférence Lutte aux changements climatiques et rôle du Canada qui nous a paru d’un intérêt particulier. L’un des intervenants de la conférence était Claude Villeneuve :
- le climat se distingue de la météo : car pour le climat il s’agit de moyennes sur trente ans et la météo concerne les variations rapides
- le climat a des impacts important sur l’économie, comme sur l’agriculture
- la biodiversité dépend du climat

Depuis 10 000 ans, la température moyenne de la terre a gagné 5°C. Cette hausse de température qui paraît modeste est en fait gigantesque à l’échelle de la planète car il s’agit d’une moyenne temporelle et spatiale qui a fait sortir la terre d’une ère glaciaire. Nous pouvons donc raisonnablement nous préoccuper de l’avenir de la planète : les scientifiques prévoient des hausses significatives de +2,5°C pour l’année 2100.

La mobilisation des associations écologiques de Montréal

Pour la première fois, une vingtaine de groupes environnementaux ont décidé de se rassembler à Montréal autour de la problématique des changements climatiques dans le but de permettre aux citoyens de s’informer et de s’impliquer davantage. Sous le thème « S’informer pour mieux agir », ils ont choisi d’organiser, au mois de novembre, une série d’activités informatives et instructives dont le principal événement était un Forum à l’Université du Québec à Montréal (UQàM). Outre ce Forum, présentant des conférences et des débats, le Rendez-vous citoyen Kyoto 2005 a proposé un Carrefour des exposants, un concours de courts-métrages (Caméra verte), la promotion du programme de mise à la ferraille « Faites de l’air ! », la récupération de vélos usagés, la création d’un boisé témoin, une démonstration sur les transports avancés et beaucoup plus.

L’objectif du Carrefour des exposants était de sensibiliser le grand public sur les technologies du futur dans le domaine du transport. Il consistait en une trentaine de kiosques, des démonstrations de véhicules propres présentés par le Centre d’expérimentation des véhicules électriques du Québec (CEVEQ), des démonstrations de cliniques d’inspection de véhicules lourds, une exposition d’œuvres d’art réalisées par les jeunes et d’autres activités permettant aux participants de s’informer et d’échanger au sujet des changements climatiques.

Toutes ces activités étaient organisées par la Coalition Québec-vert-Kyoto- qui a été à l’origine de la grande mobilisation contre le « projet du Suroît » (projet de centrale thermique au gaz naturel). Le thème « s’informer pour mieux agir » était rendu possible grâce à la collaboration d’Environnement Canada et du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec.

Un rappel historique de la timide prise de conscience

(Inspiré de la conférence de Claude Villeneuve.)

1861 : Le scientifique irlandais Tyndall explique pour la première fois le phénomène d’effet de serre : des gaz ont la capacité d’« emprisonner » la chaleur.
1896 : Le physicien Arrhénius prouve que si la quantité de CO2 double, la température moyenne augmente de 4°C.
1972 : Club de Rome : des experts internationaux commencent à prendre conscience que l’économie telle que nous la connaissons ne peut pas croître sans endommager la nature car les ressources naturelles sont limitées. C’est la naissance de la notion de développement durable.
1997 : Protocole de Kyoto.

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