Jack Layton : un homme intègre et charismatique


Jack Layton

En le voyant il y a un mois, en train, une fois encore, comme durant la campagne électorale, de se sacrifier pour le peuple, pour les familles dont il a eu le souci et pour toutes les Canadiennes et pour tous les Canadiens, nous avions compris secrètement, qu’il nous disait en fait au revoir. Engagé, issu d’une famille qui vivait en politique depuis son grand-père, son père (député, ministre conservateur et président du caucus sous Brian Mulroney) et son fils (conseiller municipal à Toronto), tous élus à différents niveau, en harmonie avec sa conscience et une énergie généreuse, il venait de réussir un exploit : devenir le chef de l’opposition officielle à la Chambre des Communes. Exploit qu’aucun leader, même le fondateur Tommy Douglas (depuis la création du parti, en 1961), n’avait pu réaliser pour le Nouveau parti démocratique du Canada.

Dans le panorama politique de nos grandes régions idéologiques et sociales, dans ce milieu où les valeurs, où la générosité, où l’intégrité sont rares et qui est plus souvent synonyme de collusion et de corruption, Jack Layton est arrivé et s’est imposé comme une personnalité entière, intègre et vraiment au service du public dans la franchise et avec un dévouement authentique. Au faite de sa carrière publique et politique, appuyé par un caucus de 102 élus (dont plus de la moitié au Québec et aussi 41% de femmes) depuis le 2 mai 2011, il perd le combat contre le cancer, offrande totale qui a commencé au cours de la campagne qu’il a mené d’abord avec le risque de perdre sa vie et surtout pour l’idéal d’une vie exemplaire, pleine et sacrifice ultime.

Il y a quelques jours, il avait confié la direction intérimaire du parti à Nycole Turmel, femme de tête et de cœur, expérimentée et personnalité parmi nos chefs de file syndicaux et politiques sur la scène canadienne. En février 2010, Jack Layton avait annoncé publiquement être atteint d'un cancer de la prostate. Le chef du NPD avait expliqué à l'époque souffrir d'une forme de cancer « traitable » et s'était dit déterminé à vaincre la maladie.

Nous savons qu’en mars 2011, Jack Layton a aussi subi avec succès une intervention chirurgicale à la hanche en raison d'une légère fracture qui l'a obligée à se déplacer avec une canne lors de la dernière campagne électorale. Sa femme, Olivia Chow (députée fédérale), a elle aussi souffert d'un cancer, en 2005.

Jack Layton est devenu chef du NPD en janvier 2003. Il succédait alors à Alexa McDonough qui quittait les commandes du parti pour prendre sa retraite.

ENGAGÉ ET PLEIN DE DÉTERMINATION

À la défense des plus démunis, un perpétuel sourire aux lèvres, Jack Layton a toujours été proche des préoccupations de la population. Soucieux de la qualité de vie et de l'environnement et par les conditions dans lesquelles vivent les Canadiennes et les Canadiens, Jack Layton milite toute sa vie à gauche. Socialiste et démocrate il a fait la promotion et a défendu tous les programmes de soutien et de développement des mesures sociales à même de permettre une vie meilleure aux plus démunis. Le chef néo-démocrate a réussi avec détermination et engagement à être à la fois un politicien combatif et un homme du peuple. Des millions de personnes se sont identifiées à lui avec émotion et aussi, dans l’isoloir au moment de poser le geste citoyen du choix, l’acte du vote et de la confiance.

Il est marié à une ancienne conseillère municipale de Toronto, Olivia Chow, qui est maintenant députée fédérale néo-démocrate de Trinity-Spadina. Le couple a deux enfants, Sarah et Michael, ainsi qu’une petite-fille. Anglophone, il parle bien le français et possède quelques notions de cantonais, langue d'origine de sa conjointe. Jack Layton a apporté une contribution remarquable à la vie publique et au monde politique du Canada.

Il a incarné, au cours des dernières années, l’éthique et la déontologie, l’honnêteté et une intégrité qui lui donnaient une envergure hors classe. Dans ce milieu incestueux que les journalistes appellent «la classe politique», autour de lui, tout ordre de gouvernement confondu, la plupart des politiciens suscitent méfiance et cynisme tant leurs actions et l’univers de la politique «politicienne» sont malsains. Plusieurs sont avides de profits individuels, de gains immédiats et interviennent sans aucun souci du bien commun. Personnalité exceptionnelle, Jack Layton s’est démarqué par sa droiture des personnes politiciennes dotées d’une mentalité plutôt manipulatrice. Jack Layton s’est battu avec enthousiasme pour la justice, pour l’équité entre hommes et femmes, l’égalité de traitement dans l’application des politiques publiques et le respect de toutes et de tous quelque soit leur origine et leur appartenance sociale.

Il va demeurer la personnalité publique issue du milieu politique. Il reste dans le cœur de chacun, Jack, l’homme qui appartient au club des gens authentiques, des vrais. Un homme simple, un politicien direct, un homme du peuple de qui toutes et tous se sont sentis proches, qui nous représente et qui est à l’aise avec la population canadienne dans son ensemble. Jack Layton, un homme, comme René Lévesque, charismatique et à la fois présent, providentiel et profondément démocrate. Jack Layton, homme de changement et d’espoir, comme il le disait tout le temps, Jack Layton est présent dans nos cœurs et nos esprits pour toujours. L’héritage que Jack Layton nous laisse, comme humain, comme politique, est stimulant et mérite notre attachement total.

Ses enfants, Sarah et Michael, son épouse Olivia, ont passé les dernières heures avec Jack Layton, parti serein et assuré que la relève est en mesure de prendre ses responsabilités. Nous leur présentons nos plus profondes et sincères condoléances.

Yves ALAVO
Membre de la CA
Section du Parti socialiste de Montréal
Suppléant de Corinne Narassiguin
Candidate du PS, 1ère Circonscription.

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