Faciliter la mobilité des jeunes


Aujourd’hui, il ne se passe plus un jour sans qu’un journal papier, audio ou télévisuel, nous parle de mondialisation. Ce phénomène est une réalité de plus en plus présente dans notre quotidien. Les étudiants qui arrivent sur le marché du travail doivent démontrer à leurs employeurs qu’ils savent faire preuve de mobilité. Pour répondre à cette exigence, l’idéal est de pouvoir présenter sur son CV une expérience internationale.

De nombreux lycées français ont conscience de l’importance de cette nécessité. Ils proposent à leurs élèves des filières internationales. Cela se traduit souvent par des heures d’enseignement en anglais (en espagnol, en allemand, ou en chinois…). Cette mise en œuvre repose sur l’idée qu’une parfaite maîtrise d’une langue étrangère (souvent l’anglais) est le meilleur moyen de faciliter la mobilité des jeunes. Cela est juste, mais insuffisant.

Le but de cet article est de proposer d’autres pistes de réflexion pour faciliter la mobilité des élèves français. Son objectif est de souligner l’importance du contenu des programmes et des exigences demandées aux élèves. Le Québec est un très bon exemple pour illustrer ce fait. Les gens y parlent français et il y existe de nombreux « Collèges » francophones suivant le programme scolaire canadien. Selon la logique de la maîtrise de la langue pour s’adapter à un pays, un élève venant de France et s’inscrivant dans un de ces établissements ne devrait pas rencontrer d’énormes difficultés scolaires.

Cela est faux dans la réalité. La transition du modèle d’enseignement français au modèle canadien peut s’avérer catastrophique. Les élèves peuvent enregistrer une très nette baisse de leurs résultats. Un exemple peut expliquer ce phénomène. Dans le système français, pour un élève de 17 ans, en Terminale S, l’étude des nombres complexes tient une importance primordiale. Au même âge, dans le système canadien, l’accent est mis sur les statistiques. Il en est de même dans les autres matières. Le programme enseigné et le type d’examens proposés aux élèves y sont très différents de ceux dispensés en France.

Comment faciliter le passage du modèle éducatif français au modèle canadien ? La solution existe depuis longtemps au Québec. La quasi totalité des lycées français qui y sont installés propose à leurs élèves de suivre des heures supplémentaires de « complémentaire québécois ». Cette option permet d’assurer leur transition avec le système canadien et leur donne le droit de s’inscrire dans les universités de ce pays.

Dans son système de notation, les exigences qu’il demande aux élèves, sa logique et son contenu, le modèle d’éducation canadien est proche des modèles américain et anglais. Or comme de nombreux élèves français vont étudier en Grande-Bretagne et aux États-Unis, s’inspirer de ce qui se fait au Québec peut se révéler très bénéfique pour faciliter la mobilité des jeunes étudiants français à l’étranger.

Ce type de « complémentaire québécois » mériterait donc d’être proposé aux élèves en France. Ils sont de plus en plus nombreux à souhaiter suivre un cursus international dès leur obtention du baccalauréat, voire avant. Ces « complémentaires » pourraient leur permettre d’être plus performants dès leur arrivée dans les universités anglo-saxonnes.

En France, son enseignement pourrait se faire au lycée, mais aussi dans les associations qui s’occupent de soutien scolaire. L’association Prométhée en est un bel exemple (http://www.assprom.fr). Dès la rentrée 2010, ses dirigeants proposeront de suivre ce programme à des lycéens alsaciens.

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